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Les risques psychosociaux (RPS)

Rédigé le 10 février 2018 par Laëtitia Petitdemange

Les risques psychosociaux, Késako ?

Les Risques Psychosociaux (RPS) résultent de facteurs de risques individuels mais aussi organisationnels au croisement de la personne et de sa situation au travail. (…) La notion de RPS renvoie à des situations de travail dans lesquelles il y a une tension importante entre les exigences des salariés et les exigences de l’organisation.

Définition de l'Anact

Les risques psychosociaux (RPS) sont définis comme un risque pour la santé physique et mentale des travailleurs. (…) Ils se trouvent à la jonction de l’individu et de sa situation de travail.

Définition du ministère

Les risques psychosociaux (RPS) correspondent à des situations de travail où sont présents, combinés ou non : du stress (…), des violences internes (…) et externes (…). Ce sont des risques qui peuvent être induits par l’activité elle-même ou générés par l’organisation et les relations de travail.

Définition de l'INRS

De bien nombreuses définitions pour un seul et même terme, ne trouvez-vous pas ? Ces différences dans les définitions s’expliquent par l’étendue et la complexité du sujet.

Mettant en lien les éléments convergents de ces définitions avec notre expérience du terrain, à Puzzle Concept, nous définissons le « Risque Psychosocial et organisationnel » comme tout élément survenant au travail qui viendrait perturber la relation entre un individu et son environnement global (personnel et/ou professionnel) et provoquer des dysfonctionnements individuels, collectifs et organisationnels. Les risques psychosociaux comprennent donc les causes, effets et conséquences de la relation dysfonctionnelle qui survient entre les individus et leur environnement professionnel.

Les RPS : une relation entre un individu et son environnement

En définitive, nous considérons l’établissement comme un système, possédant une histoire propre, une composition particulière d’individus en interaction, ayant eux-mêmes leur histoire propre, mais aussi des repères sociaux, des valeurs, un type de fonctionnement particulier, le tout étant continuellement en évolution. S’il y a un dysfonctionnement quelque part, ce n’est pas uniquement l’endroit concerné qui est touché, c’est tout le système qui en pâtit. Certains dysfonctionnements peuvent rapidement donner lieu à la naissance de cercles vicieux (psychosociaux) dont il est nécessaire de se sortir.

Les causes

Données officielles

En France,
le rapport Gollac (2011) demandé par le ministère du Travail met en évidence
6
grands facteurs de Risques Psychosociaux:

  • Intensité (complexité) et temps de travail ;
  • Exigences émotionnelles ;
  • Manque d’autonomie ;
  • Mauvais Rapports sociaux au travail ;
  • Conflits de valeur ;
  • Insécurité de la situation de travail.

Au Canada,
la Chaire en Gestion de la santé organisationnelle et de la sécurité au travail cite
9
facteurs de risque organisationnels:

  • Demandes relatives aux tâches et aux rôles (surcharge qualitative et quantitative, sous charge, conflits et ambiguïtés de rôle)
  • Faible degré de participation aux décisions
  • Environnement physique et conditions de travail peu propices au bien-être
  • Horaires de travail irréguliers/anormaux
  • Cheminement de carrière difficile
  • Manque de Reconnaissance
  • Manque d’autonomie
  • Mauvaises relations interpersonnelles (collègues, superviseur, clientèle)
  • Mauvaise circulation de l’information

De son côté, le Centre Canadien d’Hygiène et de Sécurité au Travail, dans un programme visant à améliorer et à promouvoir la santé mentale a délimité, à l’inverse, treize facteurs psychosociaux qui préservent la santé des travailleurs canadiens, et dont l’absence en entreprise est délétère. Ces facteurs sont les suivants :

  • Soutien psychologique,
  • Culture organisationnelle,
  • Clarté du leadership et des attentes,
  • Courtoisie et respect,
  • Compétences et exigences psychologiques,
  • Croissance et perfectionnement,
  • Reconnaissance et récompenses,
  • Participation et influence,
  • Gestion de la charge de travail,
  • Engagement dans l’entreprise,
  • Equilibre entre vie professionnelle et vie personnelle,
  • Protection de la sécurité psychologique,
  • Protection de la sécurité physique

Les facteurs que Puzzle Concept retient tout particulièrement

A Puzzle Concept, nous croisons ces connaissances théoriques officielles avec nos observations pratico-pratiques du terrain, ce qui nous amène à considérer tout particulièrement comme facteurs de risque :

Les 6 grands facteurs de Risques Psychosociaux au travail selon Puzzle Concept

Qu’en est-il des facteurs de risque individuels ?

Certaines études mettent en évidence des causes individuelles, notamment des personnalités qui prédisposeraient certains individus à souffrir davantage face aux Risques Psychosociaux ou au contraire à s’en prémunir.

Ainsi, seraient considérées comme étant plus à risques les personnes :

  • Ayant tendance à avoir une sensibilité accrue aux stimuli négatifs ;
  • Etant prédisposées à l’anxiété, à l’impatience, à la dépression et/ou à l’impulsivité ;
  • Ayant besoin de compétition, tendance à s’autocritiquer, à être perfectionnistes ou encore possédant un « style attributionnel » pessimiste (c’est-à-dire, qui ont tendance à constamment attribuer leurs échecs à elles-mêmes en minimisant l’influence des causes externes) ;

L’avis de Puzzle Concept : Notre expérience de terrain nous pousse à être en désaccord avec ces affirmations, que nous trouvons dangereuses si elles sont tenues pour acquis par les travailleur·ses.

  1. Dans une organisation où l’ambiance s’est dégradée, où les rapports sociaux et/ou managériaux sont mauvais, tout le monde, sans exception, souffre d’une manière ou d’une autre, à un moment donné ! En revanche, effectivement, les personnes ayant certaines des prédispositions citées ci-dessus pourront potentiellement être impactées avant les autres et/ou seront susceptibles de souffrir davantage que leurs collègues. Cela ne signifie pas que leur particularité est la cause de leur souffrance, simplement qu’il s’agit d’un facteur aggravant. La cause restera l’ambiance dégradée de travail. La nuance est importante car :

  2. Affirmer qu’il existe des « prédispositions » individuelles étant cause de la souffrance revient à catégoriser certaines personnes sous l’étiquette de « faibles », et à les rendre responsables de leur souffrance, ce qui n’est jamais le cas. De plus, dans un climat délétère penser de cette façon peut augmenter les risques de harcèlement envers celles et ceux vu·es comme étant des « faibles ».

  3. Nous en profitons pour souligner qu’il est nécessaire d’accepter les différences de chacun·es. Penser que tout le monde fonctionne de la même manière n’est ni logique, ni bénéfique. Pourtant la majorité des gens agissent comme si c’était le cas. Il est de la responsabilité collective des organisations (aménager le temps de travail, mettre en place un climat bienveillant, etc.) et de la responsabilité individuelle de chacun·e de faire un effort pour comprendre et pour ne pas aggraver les symptômes des personnes souffrant de maladies psychiques comme l’anxiété généralisée, les phobies ou encore la dépression.

  4. Seuls quelques cas particulier peuvent être mis en cause (avec grande précaution) :

    • La personnalité perverse, qui est un fonctionnement psychologique pathologique pourra être une cause d’effets délétères (notamment de harcèlement moral) et de souffrance. Les personnalités perverses restent rares néanmoins. Seul·e un·e psychologue ou un·e psychiatre peut diagnostiquer un fonctionnement pervers.

    • Les personnes ayant une incompétence fondamentale à leur poste (mais dans ce cas, l’organisation est également en cause : quid des difficultés en gestion des ressources humaines de l’établissement ?)

Les effets à court terme

Le stress, apparaît chez une personne quand elle ressent que les contraintes exercées par son environnement (ex. conditions de travail, demandes émanant des collègues ou managers, etc.) dépassent ses capacités à y faire face.

Le mal-être, est un sentiment relié à des émotions de tristesse et/ou de colère et de frustration. Le travailleur ou la travailleuse perçoit un trop grand décalage entre ce qu’il attend du travail (respect de ses besoins, idéal) et la réalité.

Les conflits entre salarié·es et/ou manager·euses, souvent conséquents du stress et du mal être, peuvent aller de la simple tension à l’affrontement verbal ou physique.

La violence, qui met en péril la santé, la sécurité, ou encore le bien-être du travailleur ou de la travailleuse visé·e, peut aller du simple manque de respect à l’agression physique. On distingue la violence interne (perpétrée par des personnes de l’entreprise) de la violence externe (perpétrée par des personnes externes à l’entreprise.

Le harcèlement, qui est une forme particulière de la violence interne au travail. On distingue le harcèlement moral (voir l’ art. L. 1152-1 du code du travail) du harcèlement sexuel (voir l’art. L. 222-33 du code pénal).

Ces effets délétères s’auto-nourissent et s’amplifient les uns, les autres. Nous rentrons dans une première boucle du cercle vicieux que constituent les Risques Psychosociaux.

Les conséquences à long terme

RPS, les conséquences sur l'individu RPS, les conséquences organisationnelles

Comment faire face aux Risques Psychosociaux ?

L’importance de la prévention

Pour réduire l’apparition et l’impact des risques psychosociaux, il existe trois niveaux de prévention : primaire, secondaire et tertiaire.

Primaire

Anticiper

Traitement des causes

Elle considère en amont les caractéristiques des conditions de travail, les styles de management, d'organisation, qui peuvent constituer des dangers. La prévention vise à identifier les dangers et à anticiper les conséquences néfastes.

Secondaire

Intervenir

"Apprendre à ..."

A ce niveau, la prévention vise à donner les moyens aux individus de s'adapter aux facteurs de risques comme le stress par exemple. La situation est tendue, il faut y faire face et remédier aux problèmes, notamment grâce à la formation.

Tertiaire

Secourir

Traitement des conséquences

A ce niveau, la prévention vise à prévenir la récidive de facteurs de risques psychosociaux (suicides, harcèlement, ...). C'est le niveau de réparation, la prise en charge fera appel aux psychothérapies. Sur le plan collectif, il peut s'agir de réunions de débriefing.

La prévention primaire est l’angle d’attaque privilégié pour faire face aux Risques Psychosociaux, puisqu’elle permet de les neutraliser (ou au moins de les limiter) au maximum avant leur apparition et est la plus efficace sur le long terme puisqu’elle intervient de manière collective sur les causes liées à l’organisation du travail ou aux conditions de travail.

La prévention secondaire a pour but de modérer les effets délétères des facteurs de risque, et notamment les conséquences sur la santé des travailleurs. L’intérêt est d’aider les individus à gérer autrement leurs réactions face aux Risques Psychosociaux afin de s’en protéger mais aussi de s’en écarter.

La prévention tertiaire n’est utilisée qu’en dernier recours lorsque la santé des salarié·es a été atteinte par un ou plusieurs facteur(s) de risque. Elle est curative et vise à faciliter le retour au travail et le suivi des personnes touchées au niveau physique et/ou psychologique, à éviter la récidive et/ou l’aggravation de la situation. Peu développée cependant, puisque son champ d’action relève davantage de la psychologie d’obédience clinique, Puzzle concept met un point d’honneur à réagir rapidement pour que soient mises place des cellules d’écoute ou une prise en charge psychologique des salariés en danger.

Face aux risques psychosociaux, pourquoi préférer l’intervention d’un·e psychologue ?

Le dépistage et la prévention des risques psychosociaux peuvent se faire en interne. Mais dans certains cas, la présence d’un intervenant externe, plus objectif, est nécessaire. En effet, il est plus facile de mettre en évidence les fonctionnements et dysfonctionnements - sans prendre parti - d’un établissement dans lequel on ne se rend pas tous les jours.

Les risques psychosociaux traitent le versant psychologique des souffrances au travail. Ce métier garantit une posture neutre, compréhensive et bienveillante. Il est judicieux de choisir un psychologue du travail pour la prévention primaire et secondaire, et un psychologue clinicien pour les interventions tertiaires, auprès des individus. Les psychologues du travail sont habitué·es à travailler avec les groupes, à analyser les systèmes de travail, connaissent le marché du travail, sont davantage formé·es au management et au droit du travail, et interviennent ponctuellement. Les psychologues clinicien·nes, proposent des thérapies et des suivis sur du plus long terme, mais peuvent aussi intervenir lors de cellules de crise.

Pour faire face aux risques psychosociaux, Puzzle Concept © vous propose tout particulièrement :

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