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Le burnout ou l'épuisement professionnel

Rédigé le 14 Mars 2018 par Laëtitia Petitdemange

Avec le stress, le burnout est l’un des Risques Psychosociaux les plus connus du grand public car très médiatisé depuis quelques années. Et pourtant, peu de gens savent le définir.

Qu’est-ce que le burnout ?

Le terme Burn Out, est souvent traduit de manière erronée par « épuisement professionnel » en français. Littéralement, nous pouvons le traduire par « être consumé ». En effet, la plupart des gens se focalisent sur ce que nous voyons le plus facilement : les effets du burnout sur les individus. C’est-à-dire, dans la majorité des cas, fatigue physique et émotionnelle, abattement, grande fragilité, apathie… Pourtant, près de 50 ans de recherches en psychologie nous permettent de comprendre le Burnout comme étant un phénomène bien plus complexe.

En effet, il s’agit davantage d’un processus que d’un état. Comprendre par-là que le burnout s’installe progressivement en passant par plusieurs phases distinctes et ne se réduit pas à cet état de fragilité dans lequel se trouvent les personnes en arrêt de travail pour « burnout ».

Les chercheurs1 2 considèrent que le burnout est composé de 3 à 4 stades différents :

  • La personne serait empreinte d’un fort enthousiasme pour son travail qui la mènerait à se rendre excessivement disponible et à avoir des attentes peu réalistes.
  • La personne s’épuise physiquement et émotionnellement face à une surcharge de travail (imposée par son environnement et/ou, plus rarement, par elle-même). Cela se traduit par une perte d’énergie, une impression de ne pas avoir la capacité d’apporter son assistance et/ou de retrouver son énergie. Si l’épuisement émotionnel est un élément indissociable du phénomène de burnout, il n’apparait pas seul, sans quoi on ne peut pas réellement parler de burnout.
  • L’épuisement pousse la personne à se détacher émotionnellement et cognitivement de son travail, pour se protéger. On parle alors :
    • De dépersonnalisation : La personne crée de la distance entre elle-même et celles·ceux qui reçoivent le service, la menant à considérer ces dernier·es comme étant des objets impersonnels liés au travail, des « numéros » et ainsi à les déshumaniser. Cela se voit beaucoup dans les métiers de soins.
    • Ou de cynisme : La personne se distancie cognitivement de son travail et adopte une attitude d’indifférence. Cela peut aller jusque la perte de sens totale de sa propre activité.
    Dépersonnalisation et cynisme agissent comme des mécanismes de défense face au stress et à l’épuisement généré.
  • La personne finit par s’évaluer négativement elle-même ainsi que sa pratique, ce qui l’amène à se sentir inefficace, triste et insatisfaite de son évolution professionnelle. Elle va alors douter fortement d’elle-même et se retrouver dans un état de grande fragilité.

De ce fait, on considère que les travailleu·r·ses se placent plus ou moins haut sur l’échelle du burnout. Certain·es sont très peu touché·es, d’autres sont proches du « point de rupture », d’autres encore l’ont dépassé : c’est souvent à ce moment que les médecins parlent de burnout, alors qu’il existe des signes avant-coureurs.

Quels sont les « symptômes » du burnout ?

  • Sentiment d’épuisement moral et physique dès le lever
  • Morosité, tristesse
  • Sentiment d’inutilité
  • Sentiment que ce que vous faites n’a aucun sens
  • Hypersensibilité
  • Impatience et irritabilité
  • Faibles capacités de concentration
  • Indécision ou difficultés à prendre des décisions (chez certaines personnes cela se traduit par une tendance inverse : prise de décision impulsive pour éviter la phase de doute)
  • Faible estime de soi
  • Impression de ne pas contrôler sa vie professionnelle et privée
  • Stress, anxiété
  • Troubles du sommeil

Ceci est évidemment précisé à titre informatif. D’autres symptômes peuvent exister. Seul·e un·e psychologue ou un·e psychiatre pourra diagnostiquer un burnout. Vous pouvez souffrir de tout ou partie de ces symptômes sans pour autant être touché par un burnout. Dans tous les cas si vous vous posez des questions ou si vous êtes en souffrance, ne restez pas seul·e.

A quoi est du le burnout ?

Contrairement à ce que pensent la plupart des gens, le burnout est très rarement dû à une fragilité psychologique. L’état de fragilité dans lequel se retrouvent les personnes qui en sont victime est une conséquence du burnout, mais n’en est pas la cause.

Les causes du burnout sont bien souvent plurifactorielles. Elles relèvent de l’inadéquation entre les caractéristiques du poste travail/de la mission, les caractéristiques organisationnelles de l’entreprise et – dans une moindre mesure – des propres caractéristiques personnelles du travailleur.

Les caractéristiques du travail & le rôle professionnel
  • Les conflits de rôle ?Impossibilité consciente pour le salarié d’accomplir ce que l’on attend de lui car il reçoit plusieurs demandes incompatibles entre elles
  • Les Ambiguïtés de rôle ?Difficulté pour le salarié d’accomplir ce que l’on attend de lui car les objectifs sont flous ou trop peu explicités
  • Une charge et un rythme de travail trop élevés
  • Le manque de contrôle, d’autonomie, de possibilité de prise de décision
Les caractéristiques organisationnelles
  • Le Manque de reconnaissance
  • Le manque de cohésion et de soutien social
  • Les iniquités
  • Les conflits de valeur (les valeurs de l’entreprise sont opposées à celles du travailleur)
  • Le manque de formation ou inadéquation entre la mission et les compétences
  • Les Interruptions dans le travail
Les caractéristiques personnelles
  • Les personnes jeunes (moins expérimentés) sont plus à risque ainsi que les 30-40 ans (qui ont des enfants en bas âge à la maison)
  • Les personnes célibataires sont également plus à risque (probablement car faible soutien social)
  • Avoir une personnalité perfectionniste
  • Avoir de fortes attentes professionnelles

Il ne faut pas oublier que la vie en dehors du travail peut être un facteur de protection du burnout ou au contraire d’aggravation. En effet nous pouvons également avoir des exigences familiales et personnelles en plus des exigences professionnelles. Dans ce cas la personne se fatiguera beaucoup plus vite, la pression externe (et parfois interne) étant encore plus forte.

Quelles sont les conséquences du burnout ?

1) Sur les individus

Les conséquences les plus visibles sont bien entendu celles qui touchent directement les individus :

  • Réactions cognitives et affectives : anxiété, baisse de l’estime de soi, dépression ;
  • Réactions physiologiques : troubles du sommeil et fatigue chronique, maladies chroniques, maladies cardio-vasculaires… ;
  • Symptômes comportementaux : addictions, risques de suicide

A noter également le fort risque de rechute : Lorsque l’on a souffert d’un burnout on est plus à risque de souffrir à nouveau d’un burnout que les personnes qui n’en ont jamais fait l’expérience.

2) Sur l'établissement

Comme le stress et les Risques psychosociaux en général, le burnout a également des conséquences sur les organisations puisqu’il cause de l’absentéisme, du turnover, des incapacités partielles ou totales à son poste de travail. Si les personnes restent en poste, elles sont moins productives et moins efficaces. Leur désengagement peut avoir des conséquences non négligeables pour les clients ou pour les patients, puisqu’un travailleur en burnout n’est plus dans la capacité de proposer son aide à autrui.

Comment se prémunir du burnout ?

  • Au travail : ne pas se surcharger de travail et apprendre à déléguer. Le trop (et le perfectionnisme) sont l’ennemi du bien. Si votre charge ou votre rythme de travail sont trop élevés et dès les premiers signes de fatigue ou de stress, il faut alerter votre hiérarchie sur ces conditions.
  • Le soutien social protège du burnout. Être soutenu dans sa vie privée par sa famille, et au travail par ses collègues et ses supérieurs permet de contrebalancer le risque. N’hésitez pas à parler de vos difficultés (surtout émotionnelles) autour de vous pour recevoir le soutien moral et parfois matériel (coup de main, solidarité) de la part de votre entourage. Ne gardez jamais votre mal être pour vous.
  • Participer à des stages ou des formations de gestion du stress. Cela peut être financé en partie ou en totalité par votre entreprise ou par des organismes agréés.
  • Votre travail ne doit pas accaparer tout votre temps disponible. Accorder de l’importance à ses autres sphères de vie : familiale (prendre du temps pour partager avec sa famille), sociale (réserver du temps à ses amis, à des activités associatives…), intime (prendre du temps pour soi, faire des choses qui nous plaisent, loisirs, sport, bien-être sans oublier de manger sainement et de bien dormir…)

En d’autres termes : prenez soin de vous. Vous êtes la personne la plus à même de le faire. Et surtout vous êtes la personne la plus importante pour vous-même, votre santé physique et psychologique est précieuse : protégez-là.

Quelle est la différence entre Burnout et Dépression ?

C’est une question que l’on nous pose souvent car les conséquences observables du burnout et de la dépression chez les personnes sont très proches. La différence entre les deux se trouve au niveau des causes. Hors deuil ou évènement traumatique ou très stressant, la dépression semble venir d’un dysfonctionnement (pathologique) neurologique et hormonal : tout se joue dans le cerveau. Ainsi certaines personnes ne seront jamais touchées par la dépression alors que d’autres en font l’expérience dès l’enfance.

La cause du burnout en revanche est en grande partie extérieure à l’individu. L’individu s’épuise à cause des demandes excessives venant de son environnement. Si le degré de résistance est plus ou moins fort d’un individu à l’autre, il existe toujours un niveau de rupture. Autrement dit, dans un contexte donné, tout le monde sera touché par le burnout une fois son niveau de résistance dépassé.

Pour vous aider à préserver vos collaborateurs du Burnout, Puzzle Concept © vous propose :

Bibliographie

Cordes & Dougherty (1993). A Review and an Integration of Research on Job Burnout. The Academy of Management Review, 18(4), 621-656.
1Edelwich & Brodsky (1980). Burn-out: Stages of disillusionment in the helping professions (Vol. 1). New York: Human Sciences Press.
Erickson, Engström, Starring, et Janson (2011). Insecure social relations at work and long-term sickness absence due to burnout and other mental diagnoses. Work, 38(4), 319-327.
Guéritault-Chalvin (2002). Job-Person Interaction in the Development of Occupational Burnout: Testing the Reliability and the Validity of the Job-Person Interaction Scale. Thèse de Doctorat (Ph.D.) Georgia State University (USA.). En cours de publication.
Guéritault-Chalvin & Cooper (2004). Mieux comprendre le burnout professionnel et les nouvelles stratégies de prévention: un compte rendu de la littérature. Journal de thérapie comportementale et cognitive, 14(2), 59-70.
Hamberger & Stone (1983). Burnout prevention for human service professionals: Proposal for a systematic approach. Journal of holistic Medicine.
2Maslach & Jackson (1981). The measurement of experienced burnout. Journal of organizational behavior, 2(2), 99-113.
Maslach & Leiter (1997) The truth about burnout: How organizations cause personal stress and what to do about it. Jossey Bass
Maslash, Schaufeli et Leiter (2001). Job burnout. Annual review of psychology, 52(1), 397-422.
Miller (1991) Occupational morbidity and burnout: lessons and warnings for HIV/AIDS carers. International Review of Psychiatry ; 3 : 439-449.
Mutkins, Brown et Thosteinsson (2011). Stress, depression, workplace and social supports and burnout in intellectual disability support staff. Journal of Intellectual Disability Research, 55(5), 500-510.
Pompili, Innamorati, Narciso, Kotzalidis, Dominici, Talamo, ... et Tatarelli (2009). Burnout, hopelessness and suicide risk in medical doctors. La Clinica terapeutica, 161(6), 511-514.
Trichard, Danel, et Sobaszek (2005). Épuisement professionnel et consommation de psychotropes chez les médecins hospitaliers. Alcoologie et addictologie, 27(4), 303-308.